Adam et Eve

Outre le texte hébreu et/ou grec, le première traduction est de Edmond Fleg tiré de son livre Le livre du commencement paru aux éditions de Minuit en 1959, la seconde traduction est d’Henri Meschonnic tiré de son livre Au commencement, traduction de la Genèse, paru chez Desclée de Brouwer en 2002, la troisième traduction est d’André Wénin tiré de son livre D’Adam à Abraham ou les errances de l’humain, paru aux éditions du Cerf dans la collection Lire la Bible en 2007. Les commentaires sont issus de ce dernier livre.

Genèse 1, 11-12.29

וַיֹּ֣אמֶר אֱלֹהִ֗ים תַּֽדְשֵׁ֤א הָאָ֙רֶץ֙ דֶּ֔שֶׁא עֵ֚שֶׂב מַזְרִ֣יעַ זֶ֔רַע עֵ֣ץ פְּרִ֞י עֹ֤שֶׂה פְּרִי֙ לְמִינ֔וֹ אֲשֶׁ֥ר זַרְעוֹ־ב֖וֹ עַל־הָאָ֑רֶץ וַֽיְהִי־כֵֽן׃

11. Dieu dit : – De végétal que se végète la terre : herbe semant semence, arbre-fruit faisant fruit pour son espèce, qui a en soi sa semence sur la terre. Et fut ainsi.

12. Et la terre fit sortir du végétal : herbe semant semence pour son espèce, arbre faisant fruit, qui a en soi sa semence pour son espèce. Et Dieu vit que cela est bon.

29. Et Dieu dit : – Voici, je vous ai donné toute herbe semant semence, qui est sur la face de toute la terre, et tout arbre qui a en soi fruit d’arbre semant semence. Qu’ils vous soient à manger,

11. Et Dieu dit ———- la terre poussera ——– des pousses ———- des plantes semant des semences ———- des arbres à fruit ——— faisant un fruit ———- selon son espèce ——- sa semence en lui ——– sur la terre

————— Et ce fut ainsi

12. Et la terre a sorti — des pousses — des plantes semant des semences — selon leur espèce —– et des arbres faisant un fruit — sa semence en lui — selon son espèce —– — Et Dieu a vu — c’est bien

29. Et Dieu a dit — voilà je vous ai donné — toutes les plantes — semant des semences — qui — sont sur la face de toute la terre — et tous les arbres — dont le fruit de l’arbre — sème des semences —– — Pour vous ce sera — à manger

11. Et Élohim dit :  » Que la terre fasse pousser une pousse, une herbe semant semence, un arbre à fruit faisant fruit selon son espèce dont la semence est en lui sur la terre. » Et ce fut ainsi.

12. La terre fit sortir une pousse, une herbe semant semence selon son espèce et un arbre faisant fruit dont la semence est en lui selon son espèce. Et Élohim vit : que c’est bien !

29. Et Élohim dit :  » Voici, j’ai donné pour vous toute herbe semant semence qui est sur la face de toute la terre et tout l’arbre qui a en lui un fruit d’arbre semant semence, pour vous, ce sera pour manger,

commentaire :

Le fait que le végétal ait en lui sa semence indique déjà l’autonomie du vivant donné par son créateur.

Genèse 2, 9.16-17

וַיַּצְמַ֞ח יְהוָ֤ה אֱלֹהִים֙ מִן־הָ֣אֲדָמָ֔ה כָּל־עֵ֛ץ נֶחְמָ֥ד לְמַרְאֶ֖ה וְט֣וֹב לְמַאֲכָ֑ל וְעֵ֤ץ הַֽחַיִּים֙ בְּת֣וֹךְ הַגָּ֔ן וְעֵ֕ץ הַדַּ֖עַת ט֥וֹב וָרָֽע׃

וַיְצַו֙ יְהוָ֣ה אֱלֹהִ֔ים עַל־הָֽאָדָ֖ם לֵאמֹ֑ר מִכֹּ֥ל עֵֽץ־הַגָּ֖ן אָכֹ֥ל תֹּאכֵֽל׃

וּמֵעֵ֗ץ הַדַּ֙עַת֙ ט֣וֹב וָרָ֔ע לֹ֥א תֹאכַ֖ל מִמֶּ֑נּוּ כִּ֗י בְּי֛וֹם אֲכָלְךָ֥ מִמֶּ֖נּוּ מ֥וֹת תָּמֽוּת׃

9. Et le Seigneur Dieu fit germer hors du sol tout arbre convoitable à la vue, et bon pour le manger, et l’arbre de vie, dans le milieu du jardin, et l’arbre à connaître le bon et le mauvais.

16. Et le Seigneur Dieu commanda sur l’homme, pour dire : – De tout arbre du jardin, tu mangeras et mangeras.

17. Mais, de l’arbre à connaître le bon et le mauvais, point tu en mangeras, de mort, tu mourras.

9. Et Adonaï Dieu —— a fait pousser—— de la terre des hommes ——– tout arbre ——- qui fait plaisir à voir —— et est bon à manger —— Et l’arbre de la vie —– au milieu du jardin —— et l’arbre —- de la connaissance —– du bien et du mal

16. Et Adonaï Dieu — a donné un ordre —- à l’homme — en disant — — De tout arbre du jardin — tu mangeras tu mangeras

17. Et de l’arbre — de la connaissance — du bien et du mal — tu n’en — mangeras pas —– — Car — du jour — où tu en mangeras — tu mourras tu mourras

9. Et Adonaï Élohim fit germer hors de l’humus tout arbre convoité pour la vue et bien pour le manger, et l’arbre de la vie au milieu du jardin et l’arbre du connaître bien et mal.

16. Et Adonaï Élohim ordonna à l’humain en disant :  » De tous les arbres du jardin, manger tu mangeras.

17. Mais de l’arbre du connaître bien et mal tu n’en mangeras pas car au jour où tu en mangeras, mourir tu mourras. »

Commentaire :

En regardant le texte tel qu’il se donne à lire. Adonaï Élohîm parle de l’humain, de sa nourriture donc de sa vie mais aussi d’une mort possible. L’ordre divin est double. Sa première partie n’a rien d’un interdit. C’est un précepte positif qui enjoint à l’être humain de manger de tous les arbres du jardin. Mais sur cet ordre positif portant sur le tout, vient se greffer un interdit concernant un arbre précis. Il vient mettre à la jouissance du tout une limite, justifiée ensuite par une clausule où il est dit que son refus conduit à la mort. Cette annonce peut être comprise soit comme une annonce de condamnation, une menace de mort en cas de transgression, soit comme une mise en garde devant un choix dangereux, un avertissement face à un comportement mortifère : refuser la limite reviendrait à s’exposer à un danger mortel. Qu’une limité soit mise à la jouissance du tout ne va pas contre la vie. Adonaï Élohim met l’humain en garde contre la convoitise. La convoitise empêche de reconnaître l’autre comme un sujet, c’est cela qui est mortifère. Vivre, c’est consentir à un « en-moins », faire le deuil de la totalité, acquiescer au manque. Sans cela, c’est la mort de l’humain. Non la mort physique, mais la mort de l’humain comme être à la fois de désir et de relation.

Si l’être humain arrive à faire le deuil de la volonté de saisir, de savoir, s’il ose prendre le risque de l’obéissance à la parole, donc de la confiance en celui qui parle, du lâcher prise, de la dé-maîtrise, loin de toute certitude alors il comprendra qu’Adonaï Élohim ne l’empêche pas de connaître bien et mal. Au contraire : il lui en donne une certaine connaissance en l’instruisant d’un chemin qui conduit à la mort et donc au malheur, en lui suggérant par conséquent comment faire pour aller vers la vie et le bonheur. C’est la lecture de Ben Sira qui, se référant à notre récit, écrira : « Le Seigneur a rempli les hommes d’intelligence, il leur a fait connaître le bien et le mal » (Si 17,7).

Genèse 3, 1-2

וְהַנָּחָשׁ֙ הָיָ֣ה עָר֔וּם מִכֹּל֙ חַיַּ֣ת הַשָּׂדֶ֔ה אֲשֶׁ֥ר עָשָׂ֖ה יְהוָ֣ה אֱלֹהִ֑ים וַיֹּ֙אמֶר֙ אֶל־הָ֣אִשָּׁ֔ה אַ֚ף כִּֽי־אָמַ֣ר אֱלֹהִ֔ים לֹ֣א תֹֽאכְל֔וּ מִכֹּ֖ל עֵ֥ץ הַגָּֽן׃

וַתֹּ֥אמֶר הָֽאִשָּׁ֖ה אֶל־הַנָּחָ֑שׁ מִפְּרִ֥י עֵֽץ־הַגָּ֖ן נֹאכֵֽל׃

1. Or, le serpent était rusé, de parmi tous les animaux des champs que fit le Seigneur Dieu ; il dit à la femme : – Alors donc, Dieu a dit : « De tout arbre du jardin, point ne mangerez » ?

2. La femme dit au serpent : – Du fruit de l’arbre du jardin, nous mangerons;

1. Et le serpent — était le plus sournois — de tout — ce qui vit des champs — qu’Adonaï Dieu — a fait —– — Et il a dit — vers la femme — alors — oui Dieu a dit — vous ne mangerez pas — de tous —- les arbres du jardin

2. Et la femme a dit — vers le serpent —– — Du fruit des arbres du jardin — nous mangerons

1. Or le serpent était astucieux / nu plus que tous les vivants des champs qu’avait faits Adonaï Élohim. Et il dit à la femme :  » Vraiment, oui, Élohim a dit : « Vous ne mangerez pas de tous les arbres du jardin »… « 

2. Et la femme dit au serpent : « Du fruit des arbres du jardin nous mangeons,

Commentaire :

Au verset 1, il y a un jeu de mot entre ‘rusé’ (‘arûm mi-) et ‘nu’ (‘rûmmîm) (v. 2,25). Le serpent qui n’a ni plumes ni poils est aussi le plus « nu » des animaux créés par Adonaï Élohim. Or, la nudité a pour effet d’exhiber la différence, et donc la limite et le manque qu’elle met en évidence. Elle est peut-être précisément là, l’astuce du serpent : exhiber la nudité, avec la limite que souligne la dissemblance ainsi exposée. Or, c’est là justement ce que, à la fin de la scène précédente, l’humain et sa femme ne semblent ou ne veulent pas voir : le premier nie la perte et l’altérité ; la seconde ne se pose pas en vis-à-vis, ne s’oppose pas à ce désir de fusion, à la mainmise dont elle est l’objet.

Au verset 2 : rien de plus logique que le serpent s’adresse à la femme. Car si « l’humain » peut se croire sans manque puisqu’il a « sa femme », tel n’est pas le cas de celle-ci. Comment donc va-t-elle faire face à ce manque, figuré ici par l’arbre qui est l’objet de la limite posée par Adonaï Élohim ? allez lire plus bas *

Au verset 1b : Ce que dit le serpent est correct : les humains ne mangent pas « de tous les arbres du jardin  » dans la mesure où l’un d’eux ne leur est pas donné (2, 16-17). Le serpent dit donc vrai mais il tourne sa phrase de telle sorte qu’elle soit entendue autrement. En effet, il n’est pas difficile de voir que le serpent abrège l’ordre de Dieu et en inverse les termes. Par cette opération, le serpent fait porter l’interdit « Tu ne mangeras pas » (2, 17a), sur l’expression « de tous les arbres du jardin » dont Adonaï Élohim avait dit « Manger tu mangeras » (2, 16b), réservant la négation à un seul arbre. Le serpent fait donc dire à Élohim l’inverse de ce qu’il a commencé à dire. Bien que ce qu’il dit soit juste, le serpent cite l’ordre d’Adonaï Élohim de telle sorte que la femme l’entend avec un autre sens. Bref, tout en disant le vrai, il insinue le faux. Et tandis que, de sa langue perfide, il joue ainsi sur la faculté qu’à le langage de créer l’ambiguïté, il sème le doute à propos de ce que Dieu a vraiment dit, jetant indirectement le soupçon sur celui qui parle ainsi.

Dès lors, au lieu que le manque permette l’ouverture à l’autre, il devient plutôt une frustration arbitraire imposée par un Élohim adversaire de l’humain.

Genèse 3, 3

וּמִפְּרִ֣י הָעֵץ֮ אֲשֶׁ֣ר בְּתוֹךְ־הַגָּן֒ אָמַ֣ר אֱלֹהִ֗ים לֹ֤א תֹֽאכְלוּ֙ מִמֶּ֔נּוּ וְלֹ֥א תִגְּע֖וּ בּ֑וֹ פֶּן־תְּמֻתֽוּן׃

mais, du fruit de l’arbre qui est dans le milieu du jardin, Dieu a dit : « Point n’en mangerez, et point n’y toucherez – que vous ne mouriez !

Et du fruit de l’arbre qui est au milieu du jardin ——– Dieu a dit —— vous n’en — mangerez pas —– et vous n’y toucherez pas ———– De peur que vous n’alliez mourir

mais du fruit de l’arbre qui est au milieu du jardin, Elohîm a dit : « Vous n’en mangerez pas et vous n’y toucherez pas de peur que vous mouriez ».« 

Commentaire :

La façon de voir de la femme rejoint celle du serpent qui escamote le don d’Adonaï Elohîm et présente ce dernier comme un législateur frustrant. De plus le serpent comme la femme enlève ‘Adonaï’ – celui qui fait être – pour se contenter du générique Élohim – Divinité -. Ainsi, pour elle, c’est l’arbre du connaître bien et mal qui est « au milieu du jardin », celui qui fait l’objet de l’interdiction divine. Or, en 2,9, l’arbre qu’Adonaï Élohim plante à cet endroit est l’arbre de la vie. Que révèle cette inversion des places ? Sans doute que, aux yeux de la femme, ce n’est pas la vie qui est au centre du jardin, mais l’interdit. La femme redoute les conséquences de la transgression. A ses yeux, si Élohim a parlé de la mort, ce n’est pas pour avertir du caractère mortel d’un choix, mais pour menacer de faire mourir qui transgressera son ordre. Dès lors, au moment où la femme et son homme croient pouvoir connaître bien et mal, ils s’éloignent radicalement de se connaître en adhérant au mensonge qui donne l’illusion de connaître. Ils croient savoir ce qui est bon, ce qui est pour leur bien. Et pendant ce temps, ils tournent le dos au bonheur pour choisir le malheur.

Genèse 3, 6-8

וַתֵּ֣רֶא הָֽאִשָּׁ֡ה כִּ֣י טוֹב֩ הָעֵ֨ץ לְמַאֲכָ֜ל וְכִ֧י תַֽאֲוָה־ה֣וּא לָעֵינַ֗יִם וְנֶחְמָ֤ד הָעֵץ֙ לְהַשְׂכִּ֔יל וַתִּקַּ֥ח מִפִּרְי֖וֹ וַתֹּאכַ֑ל וַתִּתֵּ֧ן גַּם־לְאִישָׁ֛הּ עִמָּ֖הּ וַיֹּאכַֽל׃

וַתִּפָּקַ֙חְנָה֙ עֵינֵ֣י שְׁנֵיהֶ֔ם וַיֵּ֣דְע֔וּ כִּ֥י עֵֽירֻמִּ֖ם הֵ֑ם וַֽיִּתְפְּרוּ֙ עֲלֵ֣ה תְאֵנָ֔ה וַיַּעֲשׂ֥וּ לָהֶ֖ם חֲגֹרֹֽת׃

וַֽיִּשְׁמְע֞וּ אֶת־ק֨וֹל יְהוָ֧ה אֱלֹהִ֛ים מִתְהַלֵּ֥ךְ בַּגָּ֖ן לְר֣וּחַ הַיּ֑וֹם וַיִּתְחַבֵּ֨א הָֽאָדָ֜ם וְאִשְׁתּ֗וֹ מִפְּנֵי֙ יְהוָ֣ה אֱלֹהִ֔ים בְּת֖וֹךְ עֵ֥ץ הַגָּֽן׃

6. Et la femme vit que bon était l’arbre pour le manger, et qu’il était désirable pour les yeux, et convoitable, l’arbre, pour comprendre. Elle prit de son fruit ; elle mangea ; elle en donna aussi à son homme avec elle ; et il mangea

7. Et leurs yeux, à eux deux, furent dessillés : ils connurent qu’ils étaient nus ; et ils se cousirent des feuilles de figuier, et se firent des ceintures.

8. Ils entendirent la voix du Seigneur Dieu allant de par le jardin au souffle du jour. Et ils se blottirent, l’homme et sa femme, de devant la face du Seigneur Dieu, dans le milieu de l’arbre du jardin.

6. Et la femme a vu — que l’arbre est bon à manger —- et qu’il est un désir des yeux —— et que l’arbre donne une convoitise pour avoir la raison —— et elle a pris de son fruit —- et elle a mangé ———– Et elle a donné aussi à son homme —- avec elle ——- et il a mangé

7. Et leurs yeux se sont ouvert aux deux — et ils ont su qu’ils sont nus — eux —– — Et ils ont cousu — des feuilles de figuier — et ils se sont fait — des pagnes

8. Et ils ont entendu —– la voix d’Adonaï Dieu —– va et vient dans le jardin —- au souffle du jour ———– Et l’homme s’est caché ——- et sa femme —– de devant —– Adonaï Dieu —— au milieu —— des arbres du jardin

6. Et la femme vit – que bien (était) l’arbre pour manger – et que désir (était) celui-là pour les yeux – et convoité, l’arbre, pour devenir intelligent – et elle prit son fruit et mangea – et donna aussi à son homme avec elle et il mangea

7. et s’ouvrirent les yeux d’eux deux – et ils connurent qu’eux étaient nus – et ils cousirent du feuillage de figuier – et ils firent pour eux des pagnes.

Et ils entendirent la voix d’Adonaï Élohim allant et venant dans le jardin au vent du jour, et il se cacha, l’humain et sa femme, loin de la face d’Adonaï Élohim au milieu des arbres du jardin.

Commentaire :

* En réalité, la réaction que la femme va avoir face à la limite est curieusement similaire à celle de l’homme. Qu’a fait ce dernier ? Confronté à l’altérité de la femme dont la présence lui signifie sa limite et son non-savoir radicaux, il cherche à les combler : il fait comme s’il savait qui est la femme et il met la main sur elle, sans que le narrateur enregistre quelques réactions de sa part. Apparemment, elle laisse faire (2, 23.25). Dans la scène qui suit, un même scénario se déroule, bien que le personnage principal ait changé.

v. 6 : Ici, c’est la femme qui va combler un manque, et un manque de connaissance, en cherchant à abolir la limite posée par Dieu. De son côté, sans rien dire, l’homme se laissera faire par elle, mangeant de sa main le fruit qu’elle lui tend. Cette symétrie des attitudes indique-t-elle une complémentarité entre les deux ? Si c’est le cas, la scène avec le serpent ne fait que développer narrativement l’acquiescement de la femme à la logique de son homme. L’hypothèse, certes, demande confirmation. Il faut pour cela observer attentivement le serpent. Revenir au commentaire de 3, 1b

Genèse 3, 11-12

וַיֹּ֕אמֶר מִ֚י הִגִּ֣יד לְךָ֔ כִּ֥י עֵירֹ֖ם אָ֑תָּה הֲמִן־הָעֵ֗ץ אֲשֶׁ֧ר צִוִּיתִ֛יךָ לְבִלְתִּ֥י אֲכָל־מִמֶּ֖נּוּ אָכָֽלְתָּ׃

וַיֹּ֖אמֶר הָֽאָדָ֑ם הָֽאִשָּׁה֙ אֲשֶׁ֣ר נָתַ֣תָּה עִמָּדִ֔י הִ֛וא נָֽתְנָה־לִּ֥י מִן־הָעֵ֖ץ וָאֹכֵֽל

11. Et Lui dit : – Qui t’a raconté que tu es nu ? De l’arbre que Je T’ai commandé que tu n’en manges point, as-tu mangé ?

12. L’homme dit : – La femme que Tu m’as donnée (pour être) avec moi, elle m’a donné de l’arbre, et j’ai mangé.

11. Et il a dit — qui t’a raconté — que tu es nu — toi —– — Est-ce que l’arbre — dont je t’ai donné l’ordre de ne pas manger — tu as mangé

12. Et l’homme a dit —– — La femme — que tu as donnée pour être avec moi — elle — m’a donné de l’arbre — et j’ai mangé

11. Et il dit : « Quel vis-à-vis t’a raconté que tu es nu ? De l’arbre que je t’ai ordonné de ne pas manger as-tu mangé ? »

12. Et l’humain dit : « La femme que tu as donnée avec moi, celle-là m’a donné de l’arbre et j’ai mangé. »

Genèse 3, 22

וַיֹּ֣אמֶר ׀ יְהוָ֣ה אֱלֹהִ֗ים הֵ֤ן הָֽאָדָם֙ הָיָה֙ כְּאַחַ֣ד מִמֶּ֔נּוּ לָדַ֖עַת ט֣וֹב וָרָ֑ע וְעַתָּ֣ה ׀ פֶּן־יִשְׁלַ֣ח יָד֗וֹ וְלָקַח֙ גַּ֚ם מֵעֵ֣ץ הַֽחַיִּ֔ים וְאָכַ֖ל וָחַ֥י לְעֹלָֽם׃

Or, le Seigneur Dieu dit : – Voici, l’homme est [devenu] comme l’un de nous, à connaître le bon et le mauvais. Et maintenant, qu’il n’envoie sa main et ne prenne aussi de l’arbre de vie, – et mange et vive à toujours !

Et Adonaï Dieu —– a dit —— voila l’homme —– est —- comme un d’entre nous —— à savoir —— le bien et le mal ———- ——- Et maintenant —- de peur qu’il ne tende la main et qu’il prenne — aussi —- de l’arbre de la vie —— et qu’il mange —- et vive pour toujours

Et Adonaï Élohim (se) dit : « Voici l’humain était comme un de nous pour connaître bien et mal. Et maintenant, de peur qu’il envoie sa main et prenne aussi de l’arbre de vie et qu’il mange – et il pourra vivre à jamais… »

Genèse 3, 24

וַיֹּ֣אמֶר ׀ יְהוָ֣ה אֱלֹהִ֗ים הֵ֤ן הָֽאָדָם֙ הָיָה֙ כְּאַחַ֣ד מִמֶּ֔נּוּ לָדַ֖עַת ט֣וֹב וָרָ֑ע וְעַתָּ֣ה ׀ פֶּן־יִשְׁלַ֣ח יָד֗וֹ וְלָקַח֙ גַּ֚ם מֵעֵ֣ץ הַֽחַיִּ֔ים וְאָכַ֖ל וָחַ֥י לְעֹלָֽם׃

Il rejeta l’homme ; et fit demeurer, vers l’orient du jardin d’Eden, les Khéroubim (les Chérubins) et la flamme de l’épée tournoyante, pour garder le chemin de l’arbre de la vie.

Et il a chassé — l’homme ———— Et il a mis au voisinage à l’orient du jardin d’Eden —- les chérubins ——— et la flamme de l’épée — la tournoyante ——- pour garder —— le chemin —– de l’arbre de la vie.

Et il chassa l’humain et il posta à l’orient du jardin d’Eden les Keroubîm et la flamme de l’épée tournoyante pour garder le chemin de l’arbre de la vie.