3ème dimanche ordinaire

Sur certains points, Jean et Jésus se ressemblent : tous deux sont prophètes, des annonceurs de la Parole de Dieu; tous deux ont des disciples ; tous deux appellent à la conversion devant l’arrivée imminente du Royaume de Dieu.

Mais ils divergent aussi assez fort. La conversion, proclamée par Jean est moralisante : elle invite les gens à se débarrasser du mal qui est en eux et qui sort d’eux. Elle met l’accent sur l’obscurité et encourage à la quitter. C’est pourquoi Jean baptise dans le Jourdain.

Prêchée par Jésus, la conversion va plus loin : il invite les gens à laisser entrer la lumière de Dieu en eux. Il les invite à « se tourner » vers Dieu, sachant bien que, si la lumière entre eux, les ténèbres en sortiront nécessairement. On voit bien que la différence: une chose est de se centrer sur la nuit du péché qui obscurcit notre cœur, et une autre de s’ajuster à la lumière qui nous envahit, chassant du même coup la noirceur qui nous habite.

Jésus se démarque de Jean autrement. Il quitte Nazareth et s’en va en Galilée, plus précisément à Capharnaüm. Son départ d’un monde exclusivement juif (Nazareth) semblable à celui où évoluait Jean aux bords du Jourdain, pour se rendre à Capharnaüm, appelée par Isaïe « le carrefour des païens », signifie que dès le début de son ministère, Jésus s’ouvre déjà au monde des païens.

De même,  Jean comme  Jésus a des disciples. La coutume de son époque, adoptée par le Baptiste, voulait que ce soit les disciples qui choisissent leur maître. Or, tout au contraire, c’est Jésus qui prend l’initiative d’appeler ses quatre premiers compagnons.

Qui sont ces quatre hommes ? Ils ont un travail, une maison, une famille. Ils ne suivent pas Jésus faute de mieux, ou pour combler un vide. Ils répondent à un appel. Ils sont fascinés par cet homme ! Un visage se tourne vers eux et les appelle ! Jésus enfin comme Jean proclame la venue du Royaume de Dieu. Mais, à la différence du Baptiste, il ne parle pas au nom d’un autre. Il parle en son nom propre avec une autre autorité que celle d’un prophète qui parle « au nom de Dieu ». Il est le Fils de Dieu et il parle comme Dieu. Vraiment, « le peuple qui habitait dans les ténèbres a vu se lever une grande lumière : sur ceux qui habitaient dans le pays de l’ombre et de la mort, une lumière s’est levée ».

Aujourd’hui, au bord du lac intime de notre Galilée intérieure, le Fils de Dieu lui-même est en train de passer. Il nous appelle à devenir ses compagnons. Il nous invite à le suivre. Quelle place occupe-t-il dans notre quotidien ? Lui confions-nous nos joies et nos peines? Lui parlons-nous au cœur de notre cœur ? L’écoutons-nous dans la Parole proclamée dans les liturgies dominicales et même quotidiennes ? Nous tournons-nous vers lui dans tout ce qui nous arrive de bon, de moins bon, et même de pas bon du tout ?

C’est en vivant, au jour le jour, en sa compagnie que nous apprendrons petit à petit ses mœurs, qu’il deviendra véritablement la lumière qui éclaire nos ténèbres, qui dissipe nos doutes, nos inquiétudes et nos nuits. C’est en le suivant que nous deviendrons à notre tour « lumières du monde » (Matthieu 5, 14).