5ème dimanche ordinaire

Habituellement on ne remarque pas s’il y a du sel dans la soupe, pas plus qu’on n’est souvent attentif à la lumière. C’est le manque d’assaisonnement ou la panne d’électricité qui nous fait apprécier le sel ou la lumière…Ainsi en est-il de beaucoup de vies qui nous entourent. Habituellement on ne les remarque pas. Elles sont discrètes. C’est l’Esprit Saint qui habite au fond de nos cœurs qui nous donne de reconnaître la lumière de Dieu qui éclaire le visage de nos frères ou qui donne de la saveur à leur rencontre.

Dimanche dernier, nous fêtions la Chandeleur. C’est poussé par l’Esprit que le vieillard Siméon a reconnu dans le tout petit enfant de Marie « la lumière des nations », le Messie d’Israël. Aujourd’hui Jésus va plus loin : « vous êtes la lumière du monde. » Non que nous soyons meilleurs que les autres, mais parce que nous avons reçus un trésor qui ne vient pas de nous, que d’autres nous ont transmis, et que nous avons la joie de partager : cette richesse, c’est la Parole de Dieu. C’est Dieu qui nous habite par sa Parole. C’est Dieu Père, Fils, Esprit qui vient demeurer en nos cœurs.

 Ce témoignage, Dieu nous invite à le donner dans la discrétion. C’est très important. Trop de sel rend la nourriture immangeable. Trop de lumière éblouit et aveugle. Le sel et la lumière, usés avec mesure, sont des révélateurs. La nourriture existe avant qu’on la sale. La ville existe avant que s’allument les lampadaires. Mais le sel relève le goût des aliments et la lumière fait ressortir la beauté des êtres et du monde. Pour être sel et lumière, il faut aimer avec respect et tact. Il faut mettre en valeur l’éclat des visages et le goût des choses.

L’évangélisation n’est pas une conquête tapageuse. C’est l’annonce modeste d’une bonne nouvelle. Et elle ne peut se dire que dans une présence bienveillante. La joie de Jésus c’est que les hommes, les femmes et les enfants de cette terre soient heureux, qu’ils se rendent compte ou non d’où viennent cette joie et ce don. Le vrai bonheur ne peut s’épanouir que dans un climat de bonté et de miséricorde. Comme dit le prophète Isaïe dans la première lecture : « Partage ton pain avec celui qui a faim, recueille chez toi le malheureux sans abri, couvre celui que tu verras sans vêtement, ne te dérobe pas à ton semblable. Alors ta lumière deviendra comme l’aurore ».

Comme disciples de Jésus nous ne somment qu’une poignée au milieu du monde. Et pourtant, nous pouvons donner du goût à la vie, comme le sel dans la pâte, comme la lumière de la ville quand descend le soir. Nous parlons de Dieu, par nos mots, et surtout par notre être. Nous donnons à voir Dieu  par la douceur et l’attention que nous puisons dans la certitude de se savoir aimés par Dieu.

Dans un monde inquiet, osons semer l’espérance. Dans un monde qui souffre violence, sachons faire entendre des mots de paix. Dans un monde de dérision, vivons la bienveillance et l’amabilité. Amen !

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