7ème dimanche ordinaire

« Si vous aimez ceux qui vous aiment, quelle récompense méritez-vous ? »

Il y a des paroles de Jésus que l’on se passerait bien d’entendre. Celle-ci nous dit que l’amour, c’est aimer aussi ceux qui ne nous aiment pas ou qui nous aiment mal. Et chacun d’avoir immédiatement des noms et des visages en tête et de se dire : « Non, quand même pas lui ou elle ! »

L’appel à la sainteté se fait entendre dès la première alliance : « Soyez saints » car Dieu est saint. Voilà qui peut nous rassurer : la source de la sainteté est en Dieu, c’est Dieu lui-même. Jésus demande à ses disciples d’être parfaits comme le Père céleste. Être à l’image de Dieu est notre vocation d’être humain

. Cela nous engage : en pensée, tu éviteras toute haine envers ton frère, ta sœur qui agit mal ; en paroles, tu préfèreras le reprendre, car chacun est responsable de la sainteté du peuple entier ; en actes, tu éviteras toute vengeance envers « les fils de ton peuple ». C’est de cette manière que tu aimeras ton prochain, comme s’il était toi-même.

Être parfait, c’est aimer comme Dieu aime. Dieu propose une pédagogie de la progression. Vivre c’est reconnaître ce qui est déjà accompli et inciter à aller plus loin. Il faut dépasser la loi du Talion (Œil pour œil) qui était déjà un progrès. Elle régulait la vengeance et la violence et lui donnait une mesure. Mais l’appel de Jésus sort du cadre de la sagesse sociale, il ne s’agit plus de répondre à l’outrage avec mesure, mais sans mesure, c’est-à-dire ne pas y répondre. Tel est l’amour hors norme de Dieu qui « fait tomber la pluie sur les justes et les injustes », sur tous sans exception. Aimer qui nous aime est chose naturelle. En revanche, aimer un ingrat ou aimer celui qui n’a rien pour attirer notre amour, c’est aimer comme Dieu aime, c’est être sûr qu’en l’aimant il prendra du prix à nos yeux, qu’il se révélera bien meilleur qu’il ne paraît. Dieu seul sait aimer d’un tel amour créateur, et son amour est contagieux. L’amour divin est ouvert à l’universel, sans conditions ni redevance. Et ce qui rend témoignage à cet amour démesuré, au regard du monde, ne peut être qu’à son image.

Faisons nôtre cette prière attribuée à saint François d’Assise :

« Là où se trouve la haine, que j’annonce l’amour.

Là où se trouve l’offense, que j’apporte le pardon.

Là où se trouve la discorde, que je bâtisse la paix.

Là où se trouve l’erreur, que je proclame la vérité.

Là où se trouve le doute, que je réveille la foi.

Là où se trouve la détresse, que je ranime l’espérance.

Là où se trouve la tristesse, que je suscite la joie.

Là où se trouvent les ténèbres, que je répande la lumière. »

Pour autant, en disant cette prière, il ne s’agit pas pour nous de surplomber les hommes et les femmes que nous rencontrerons, mais de nous rappeler humblement que nous sommes au Christ et que « le Christ est à Dieu ».

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