Fête du Saint sacrement du Corps et du Sang du Seigneur

De quoi avons-nous faim ?
Les parents savent combien un petit enfant a envie d’être pris dans les bras : s’il a l’impression que l’on est loin de lui, il se sent en désarroi, il est perdu et, à sa manière, il réclame cette présence en pleurant. En réalité ce besoin de proximité nous habite tout au long de notre vie. Nous cherchons sans cesse de nouvelles façons de supprimer les distances et garder le contact. (Ce n’est pas pour rien que les « réseaux sociaux » attirent tellement, malgré le danger d’en rester à des échanges en partie « virtuels »). Cette loi toute humaine, cette nécessité vitale de contact et d’amour, Dieu la vit en lui-même, car Il est amour, et il nous a créés pour un partage de présence avec lui et entre nous.
Derrière toutes nos faims de contacts, de même que de consommation, il y a un désir, une soif d’absolu et d’immensité : celle-ci s’exprime même dès qu’une personne s’arrête devant une vitrine ! Mais Dieu seul peut nous donner sans limites, et sans nous acheter notre liberté, ce vers quoi notre être tend du plus profond de lui-même.

Il s’est fait proche.
Pour se rapprocher de nous, le Seigneur s’est fait homme, vivant ainsi les pauvretés de notre existence : il est né sur la paille, aux hasards du voyage, et toute sa vie il partagera nos insécurités ; le fils de l’homme n’a même pas une pierre où reposer la tête , disait-il. Il a surtout connu notre condition mortelle sur la croix ; et sur elle il s’est fait proche plus encore de tous ceux dont tout le monde détourne le regard. Au jour de l’Ascension, le Seigneur nous a dit qu’il resterait présent avec nous, d’une façon nouvelle : une proximité beaucoup plus grande encore que celle qu’il avait avec ses disciples.

Il vient en nous et nous en Lui.
Par l’Eucharistie, le Christ est près de nous, il vient en nous : non pas seulement en symbole ou en image, mais  » en réalité « . La nourriture ordinaire, assimilée par notre organisme, est déjà une forme d’union étonnante avec la réalité matérielle. Le Christ a fait de l’Eucharistie la nourriture qui nous assimilait à lui. Il a dit : Celui qui mange ma chair, celui qui boit mon sang, demeure en Moi et Moi en lui   ( Jean, 6).  Nous avons donc à rendre grâce pour ce don par lequel nous devenons de plus en plus membres du Corps du Christ, qui nous assimile à sa propre vie. Par l’Eucharistie nous faisons grandir en nous toutes les grâces de notre baptême. Notre corps de fils de Dieu va passer de l’enfance à sa maturité dans la foi.

Par Lui, avec Lui et en Lui !
Il est important que nous ayons un grand respect pour l’Eucharistie, où le Seigneur se laisse recevoir dans nos mains et dans notre corps. Et pourtant comme elle est grande et cette proximité qui nous rapproche de la vie de Dieu lui-même et nous sauve : par le Christ, avec Lui, et en Lui, et dans l’unité du Saint Esprit nous allons sans crainte vers le Père et lui rendons gloire. Quelle religion oserait dire ces mots  qui expriment notre liberté d’enfants de Dieu ? Et dans le même temps, nous nous rapprochons les uns des autres, car nous devenons ensemble le Corps du Christ.

Rendez-vous attendu.
Peut-on aussi croire que nous avons une vraie foi dans le Christ, si pour des prétextes trop faciles nous manquons au rendez-vous de son Eucharistie ? Des gens disent souvent : «  je suis croyant, mais non pratiquant  ». Il est vrai qu’en pratiquant la charité dans nos vies quotidiennes, nous sommes déjà proches du cœur du Christ. Mais peut-on vivre longtemps une vraie charité si nous négligeons de nous nourrir du Christ, de son corps qui est l’eucharistie, dans sa communauté réunie pour partager sa parole et son pain de vie ? Récemment, la cessation des offices religieux à la suite du corona virus a fait ressentir à beaucoup la « faim » de l’Eucharistie vécue au cœur de la communauté rassemblée. Peut-être allons-nous mieux désormais la nécessité vitale de ce sacrement (et bien d’autres encore) dont parfois nous perdions un peu le sens en nous laissant habituer par la routine.

Orientations :
L’Eucharistie est un geste toujours nouveau de notre relation avec le Seigneur et c’est pourquoi elle doit être toujours pour nous une fête. C’est d’ailleurs le but de cette fête d’aujourd’hui : la fête du Saint-Sacrement, la fête de notre proximité avec le Seigneur, dans l’Eucharistie !  Une fête à vivre de façon toute particulière cette année en raison des évènements

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Numéro cool